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Les troubles neurovisuels

Conférences

Mot du comité scientifique

Nous sommes souvent surpris d’entendre nos collègues français parler régulièrement des troubles neurovisuels (TNV) comme explication à de nombreux troubles ou difficultés d’apprentissage, difficultés sociales ou même d’adaptation chez les jeunes d’âge scolaire, alors que chez nous, au Québec, ce trouble est rarement évoqué.

On peut également s’étonner de l’implication fréquente des orthoptistes dans les plans de rééducation des élèves français, alors que l’Association des orthoptistes du Québec ne compte qu’une vingtaine de membres. Ces derniers sont rarement, sinon jamais, sollicités pour des plans d’intervention auprès d’élèves en difficulté. Se pose alors la question à savoir si nos enfants diffèrent réellement des enfants français, ou si nous désignons peut-être ce trouble neurovisuel autrement? Certains diagnostics ou conditions neuro- développementales (par exemple : syndrome de dysfonction non-verbale, dyslexie) pourraient-ils inclure ces symptômes passés sous silence?

Afin d’y voir plus clair, nous avons invité des spécialistes européens en pédiatrie provenant de diverses disciplines pour nous parler de l’évaluation et de la rééducation des TNV. À cet effet, nous tenons à remercier madame Céline Pérez Guillaumet neuropsychologue, rattachée au service de neurologie de l’hôpital Saint Joseph-Saint-Luc à Lyon, qui a su réunir une brochette de conférenciers spécialistes des TNV capables de nous sensibiliser à leur pratique. Nous tenons également à remercier monsieur Antoine Tanet neuropsychologue qui nous a permis de compléter la liste des experts.

Le comité scientifique de cet évènement vous souhaite tous une journée enrichissante qui trouvera écho à travers la pratique professionnelle de tout un chacun.

Comité scientifique

  • Francine Lussier, neuropsychologue; co-présidente du Symposium 2024
  • Annie Stipanicic, neuropsychologue; co-présidente du Symposium 2024
  • Amélie Cossette, D.Ps., neuropsychologue
  • Céline Perez-Guillaumet, Ph. D. neurosciences et neuropsychologue
  • Céline Pousson, orthoptiste

Comité d’organisation du Symposium

  • Julie De Serres
  • Danielle Bilodeau
  • Francine Lussier

Conférences

  • Introduction aux troubles neurovisuels par Céline Pousson

    Comment peut-on, au Québec, développer et mettre en place un dépistage et une trajectoire efficace pour la prise en charge orthoptique des enfants présentant des troubles neurovisuels ?

  • Troubles neurovisuels : vers une sémiologie par Céline Pérez Guillaumet

    Un bref rappel anatomique sur les voies visuelles et le parcours de l’information de l’œil au cortex sera d’abord présenté. Le système visuel est un système rapide et extrêmement complexe qui permet de traiter le monde qui nous entoure. L’information, c’est-à-dire le signal lumineux, est d’abord capté par l’œil et transite ensuite sous forme de signal électrique, par le nerf optique, jusqu’au chiasma. L’information va ensuite se plonger au niveau des aires visuelles, du cortex, qui vont reconstruire l’information visuelle à partir de ce signal électrique.

    Les troubles neurovisuels correspondent à un défaut du traitement de l’information au niveau rétrochiasmatique, c’est-à-dire au niveau du cortex. Les troubles neurovisuels sont fréquents à la suite d’une lésion cérébrale, quelle que soit l’étiologie de celle-ci. Malheureusement, ils sont trop peu souvent diagnostiqués et pris en charge. Ces troubles peuvent altérer le champ visuel (hémianopsie latérale homonyme, scotome, vision tubulaire, cécité corticale…). Ils peuvent toucher la voie dorsale (occipito- pariétale) entravant la localisation spatiale, générant des troubles du traitement de l’espace tels que la négligence spatiale unilatérale, le syndrome de Balint. Enfin, ces troubles peuvent toucher le fonctionnement de la voie ventrale (occipito-temporale) engendrant des troubles de la reconnaissance visuelle telles que l’agnosie visuelle, la prosopagnosie ou l’alexie. Des études mettent en évidence l’effet délétère de ces troubles neurovisuels sur le développement de l’enfant, tant au niveau de la vie quotidienne, des interactions sociales que dans l’acquisition des apprentissages. Les troubles neurovisuels peuvent également biaiser les épreuves utilisées lors de l’évaluation des fonctions cognitives.

  • Dépistage des troubles neurovisuels par Sophie Allard

    L’objectif de cette présentation est de sensibiliser au dépistage rapide et précoce des troubles neurovisuels chez les bébés dès l’âge de 3 mois mais également chez les enfants plus grands jusqu’à 12 ans. Pour cela, 3 batteries seront présentées; elles permettent d’évaluer les troubles neurovisuels de manière rapide : la BAJE (de 3 mois à 3 ans), l’EVA (de 4 à 6 ans) et l’EVA-GE (de 6 à 12 ans). Elles permettent aux différents professionnels qui interviennent auprès de l’enfant de pouvoir participer au dépistage des troubles neurovisuels. Par ailleurs, nous verrons également les signes prédictifs de troubles neurovisuels qui peuvent être repérés, au quotidien, par les parents, les enseignants et les professionnels de santé.

  • Évaluation orthoptique des troubles neurovisuels par Stéphanie Blanc et Amélie de Villèle

    La prise en charge des troubles neurovisuels dans le cadre de troubles neurodéveloppementaux repose sur une approche fonctionnelle et pluridisciplinaire. Il est important d’abord de présenter des outils transdisciplinaires qui permettent à tous de dépister un dysfonctionnement neurovisuel et de réorienter vers une évaluation plus précise de ces troubles complexes. En tenant compte de l’histoire médicale du patient, du diagnostic médical, des bilans pluridisciplinaires et des différentes prises en soins, l’orthoptiste est interpelé dans le cadre de difficultés visuelles de toute sorte : strabisme, amblyopie, basse vision, ou troubles neurovisuels et fonctionnels.

    L’orthoptiste propose une évaluation des bases sensorielles et oculomotrices de la vision et évalue la qualité du traitement cognitif par les voies de traitement de l’information visuelle. Il donne son diagnostic et un plan de soins, avec les objectifs à atteindre. Quels outils d’évaluation ? Comment aider l’enfant à développer ses habiletés neurovisuelles par une prise en charge adaptée ? Autant de questions qui seront abordées lors de ce symposium.

  • Quand le trouble ophtalmologique cache le trouble neurovisuel par Hind Drissi

    Dans la pratique clinique, il est habituel de considérer qu’un patient qui présente un trouble sensoriel visuel n’a pas de trouble neurovisuel. Les prises en charge thérapeutiques sont très influencées par cette dissociation. Cependant, des jeunes suivis pour une déficience visuelle étaient davantage handicapés par le déficit neurovisuel et pour autant n’avaient pas de prises en charge adaptées à leurs besoins. A partir de cas cliniques et grâce aux apports de la recherche scientifique, une interrogation se pose sur l’impact d’une déficience visuelle sur le traitement cortical de cette information et permet de reconsidérer le lien entre un trouble ophtalmologique et un trouble neurovisuel.

  • Impact des troubles neurovisuels dans les apprentissages par Michèle Mazeau

    Les fonctions neurovisuelles, complexes et très vulnérables au cours du développement, peuvent être atypiques ou déficitaires, induisant des pathologies sévères ou modérées selon la nature et le degré du dysfonctionnement. Dans un premier temps, la conférence s’attardera à repérer quand, où et comment certaines de ces fonctions neurovisuelles interviennent normalement dans des apprentissages scolaires (lecture/orthographe, gestes/graphisme, nombre et calcul). Ainsi, bien que non répertoriés au DSM-5 (comme les troubles dysexécutifs ou mnésiques par exemple), des dysfonctionnements neurovisuels modérés* peuvent générer ou aggraver de façon spécifique certains des troubles des apprentissages (dyslexies/dysorthographies, dyspraxies/dysgraphies, dyscalculies). Leur recherche et leur repérage permettent alors de proposer des aides mieux ciblées et plus efficaces auprès des jeunes qui en souffrent. Dans un deuxième temps, la conférence portera donc sur les interventions les plus pertinentes pour faciliter la vie de ces enfants.

    * Les anomalies sévères ou massives sont plutôt responsables de troubles cognitifs globaux, tels des déficiences intellectuelles et/ou des TSA Bio.

  • Diagnostic différentiel TND et TNV par Antoine Tanet

    Le système visuel se développe de concert avec les comportements de communication du nourrisson. Difficile alors de ne pas être tenté de chercher les origines de l’autisme dans les troubles de la vision. Cette approche n’est pas dénuée de sens, mais mène rapidement à des problématiques testuelles et cliniques qui seront abordées ensemble en replaçant le TSA et les TNV dans une perspective développementale et en discutant des aspects nosologiques. Le diagnostic différentiel pourra ainsi guider l’intervention la plus appropriée.

  • Un Centre qui conjugue rigueur scientifique, approfondissement des connaissances et professionnalisme à travers toutes ses activités de perfectionnement.

  • Des experts passionnés qui possèdent des connaissances de pointe sur les troubles développementaux, les troubles d’apprentissage et les difficultés d’adaptation.

  • Un continuum de formation qui touche l’ensemble de la francophonie et tous les professionnel(le)s œuvrant dans les milieux de l’éducation et de la santé.